Patrimoine

Architectural

La ville d'Enghien-les-bains compte de nombreux édifices publics et maisons particulières. Ces bâtiments perpétuent le charme de la ville : châteaux néogothiques, chalets suisses, chaumières de style normand, villas néoclassiques avec leurs toitures à la Mansart, immeubles Second Empire, ornementation Art Nouveau.

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Maisons et villas Enghiennoises

Enghien-les-Bains, villégiature du XIXe siècle

Les premières constructions sur les bords du lac sont liées aux débuts du thermalisme et à l’accueil des curistes : bâtiments thermaux, hôtels, restaurants et autres commerces … Ils n'ont pas été conçus pour être vus ni remarqués par leur style architectural mais plutôt pour inspirer confort, calme et sérieux.

Avec la réputation grandissante de la station thermale, la population évolue, devient plus mondaine, avec des goûts architecturaux plus extravagants, typiques du style parisien de la fin du XIXe siècle.

Les chalets à pans de bois, chaumières, châteaux ou villas néoclassiques ou néogothiques vont donc faire leur apparition.

L’éclectisme est un style architectural qui apparaît en réaction à la rigueur de l’architecture haussmannienne et du classicisme. Il est largement représenté à Enghien-les-Bains. L’évolution technique et scientifique de ce début de XIXe siècle favorise les voyages plus lointains, la découverte de cultures exotiques, jusqu’alors inconnues. L’influence de ces pays se fait sentir jusque dans l’architecture vernaculaire à l’image des régions visitées par les clientèles fortunées des villes balnéaires, qui fréquentent également Enghien-les-Bains. La diversité des styles architecturaux illustre le besoin de dépaysement de ces clientèles.

Le style Art nouveau, puis Art déco fait ensuite son entrée. Le premier est caractérisé par son inspiration tiré du végétal, à l’image des créations de Guimard, son plus célèbre représentant.. Les pavillons de ce style font l’objet d’un décor soigné fait de céramique et de jeux de polychromie des matériaux.

Parallèlement à la construction de ces villas Art nouveau ou Art déco, des bâtiments plus verticaux font leur apparition. La ville change de population, le phénomène de « banlieue » se développe avec la construction d’immeubles, avec des logements collectifs et plus petits.
 

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La saga des casinos d'Enghien-les-Bains

Les jeux de société apparaissent en 1864, et ce n’est qu’en 1877 qu’un premier kursaal, établissement dédié aux jeux de hasard est installé dans l’ancienne demeure d’Hippolyte de Villemessant, administrateur de la SEETE et fondateur du Figaro.

Différents établissements vont dès lors se succéder.

Au début du XIXe siècle, la station thermale accueille 7 000 visiteurs, la ville décide donc de faire construire un casino. L’architecte Edouard Autant et son projet démesuré sont choisis : le nouveau casino municipal inauguré en 1901 évoque un voilier dont la proue s’élance sur le lac. Les visiteurs peuvent alors profiter de salles de jeux et de restauration, mais également de « grottes artificielles »…
Un nouveau casino vient remplacer cet édifice étonnant en 1909, avec un théâtre qui ouvrira une année plus tard. La période d’engouement du casino, arrivée à son sommet en 1912, s’achève avec la guerre, pendant laquelle il est transformé en hôpital militaire.

En juillet 1920, il est touché de plein front par l’arrêté ministériel interdisant l’exploitation de salles de jeux dans un rayon de 100 km autour de Paris. En 1931, une loi levant enfin cette interdiction, sous l’impulsion d’un député habitant la ville, Henri Patenôtre-Desnoyers, le casino peut enfin rouvrir ses portes.

Le casino est rénové et dépouillé de tous ses ornements : tours et décors sculptés disparaissent pour privilégier la simplicité des lignes architecturales et répondre aux nouveaux critères de l’esthétique Art déco.

L'aspect extérieur actuel, dont la structure de base est celle du casino construit en 1909, est le résultat d'une succession de transformations et de reconstructions. On peut citer, en 1973, le remaniement de la façade sur l'avenue de Ceinture qui est alors recouverte d'un parement de pierre. La dernière restauration importante date de 2005, commande du groupe Lucien Barrière, gestionnaire de l’établissement depuis 1988.

L'architecte Louis Soors a dressé une façade de verre pour établir un immense « atrium » d'entrée, décoré sur le thème de la mer par le décorateur Jacques Garcia.

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Le petit Sacré Cœur d'Enghien-les-Bains

Au milieu du XIXe siècle Mme Moreno de Mora, une riche héritière, décida de léguer sa fortune pour permettre la construction d’une église à Enghien-les-Bains, qui n’en avait toujours aucune, malgré le développement de la station thermale.

De 1858 à 1860, un premier édifice est construit sur un plan simple, composé d’ une nef  entourée de quatre travées. En 1866, un premier agrandissement est engagé : deux bas côtés sont ajoutés et le clocher est modifié. Un second agrandissement est entamé en 1927, en raison d’un manque de place pour accueillir tous les paroissiens. Deux travées supplémentaires sont ajoutées, avec l’ouverture de portes supplémentaires et un nouveau clocher est également installé avec deux clochetons.

L’église Saint-Joseph affiche depuis ce deuxième agrandissement une influence marquée pour le style romano-byzantin. 

Sa façade parfaitement symétrique est composée en partie basse de trois tympans et d’une frise composée de petites arcades décoratives enserrant dix saintes et saints au niveau supérieur. Elle présente un décor sculpté riche et varié, composé d’animaux fantastiques, de visages grimaçants, de végétaux stylisés, typiques de l’architecture romane. On perçoit d’autres références stylistiques, comme le clocher et les clochetons qui rappellent le dôme du Sacré-Cœur de Montmartre, non loin de là.

L’intérieur de l’église est lui marqué par le style gothique. La présence de colonnes de fonte donne l’impression d’un lieu vaste, elles favorisent aussi l’entrée de la lumière. En termes d’usage, elles permettent l’accueil d’un plus grand nombre de fidèles.

Aujourd’hui, l’église Saint-Joseph accueille de nombreux événements religieux ou culturels. Ainsi, depuis quelques années, sa façade est l’un des supports choisis pour les Projections Monumentales (avec l’Hôtel de Ville et le Casino).​

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Lieu d'accueil pour les associations

Le bâtiment et son jardin appartiennent à la Ville. La villa du Lac fait partie de la donation d’un particulier, qui avait pour condition principale que le lieu accueille des associations, c’est donc le cas aujourd’hui. 

L’opposition des deux façades est très marquée. Du côté rue, la façade en briques rouges est décorée par une guirlande en briques blanches. Le perron est surmonté d’une marquise semi-cylindrique. Cette façade « urbaine » est ajoutée à la construction originale : on « double » l’édifice en 1928 par ce corps de bâtiment en briques.

La façade donnant sur le lac est complètement à l’opposée : c’est celle d’une villa-château. L’enduit est blanc et la façade est décorée avec des éléments de style classique. Elle est caractérisée par sa symétrie : de chaque côté de la partie centrale en saillie, deux travées sont composées de baies rectangulaires à l’étage et arrondies par des arcs en rez-de-chaussée. Un garde-corps entoure la terrasse en partie basse, et le même est rappelé au-dessus de l’étage.