Passionnante, École musique/danse
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Jouer sa propre partition

Dans son écrin de verre et de bois, l’École de Musique et de Danse abrite un pôle de Musique Assistée par Ordinateur unique en son genre.

MAO

10 ordinateurs s’alignent dans la salle MAO. C’est ici qu’Alexis Maingaud (pianiste et violoniste, diplômé de l’école de cinéma ESRA, enseignant à Enghien depuis 2013. Il compose par ailleurs des musiques de films) et Antonin Stumpf (Guitariste et diplômé de l’école de musiques actuelles ATLA, il a initié à la MAO les élèves des écoles lors des TAP. Il a intégré l’École de musique en 2016) enseignent la Musique Assistée par Ordinateur à quatre-vingt dix élèves de 8 à … 84 ans. Sur leur iMAC, les élèves s’entraînent à créer des sons, des effets, des textures musicales.

Mais qu’entend-on par MAO? « Il s’agit de toute création musicale associée à un environnement informatique et numérique », explique Alexis. Elle sert à produire de la matière musicale, créer de nouvelles sonorités, composer ou éditer des partitions.

photo des cours de MOA d'Enghien-les-Bains

Un excellent outil d’apprentissage

Depuis 2011, l’École de Musique a développé un cursus sur quatre ans complémentaire à la formation traditionnelle (solfège et instrument). Cette matière est devenue obligatoire pour les élèves de second cycle en 2013.  « C’est un bon vecteur vers l’instrument, souligne Alexis, la MAO fait le lien entre la théorie et la pratique. Elle complète le cursus musical et emmène les enfants sur la voie de la création. »
« Pour les élèves peu attirés par les concepts théoriques, c’est un excellent outil d’apprentissage ludique et pédagogique », complète Dominic Theodosis-Capsambelis, directeur de l’école.  « Nous avons construit un modèle pédagogique très progressif avec l’apprentissage de  logiciels qui révèlent le langage qu’est la musique avec les notes, les harmonies, les rythmes.

  • Ce modèle d’apprentissage a d’ailleurs été présenté au CNFPT afin de former des professeurs de musique et aider des directeurs de conservatoire à développer des cursus de MAO.

Est-ce à dire que la MAO remplace l’instrument ? Non, pour Alexis « elle est au service de la musique et implique de vastes connaissances musicales afin de produire une musique de qualité ».  « Elle permet à tous de faire de la musique mais si l’on veut se distinguer, il faut une véritable pratique instrumentale et de bonnes connaissances théoriques », souligne Dominic Theodosis. « On observe d’ailleurs le retour d’instruments tels que les cordes dans les musiques électroniques et assimilées qui n’en utilisaient pas».

Pas question non plus de s’enfermer seul derrière son ordinateur. « Notre objectif est que les élèves sachent utiliser ces outils pour créer des projets, composer puis jouer ensemble », renchérit Antonin.

Un laboratoire du futur

Si la MAO est très demandée par les élèves, peu d’établissements publics ont la capacité de l’enseigner. « Toutes les villes n’ont pas les moyens de se doter d’équipements aussi pointus, souligne Antonin. « On nous donne les moyens techniques et humains de réaliser des projets ambitieux et mettre en avant l’art numérique, c’est rare pour une ville » se réjouit Alexis.

Ce pôle est d’ailleurs valorisé dans la politique culturelle enghiennoise. « Nous sommes en lien constant avec le Centre des arts qui nous associe à des événements comme les Bains Numériques ou sur les ciné-concerts », explique Alexis. Les TAP dans les écoles ont également contribué à faire connaître la MAO auprès du jeune public, ainsi que les animations de la Médiathèque George-Sand.  « Cette visibilité nous aide à nous développer», explique Antonin.

Un succès confirmé par l’arrivée d’élèves venant des conservatoires à l’alentour. Depuis deux ans, l’école propose également un cours de musique de films et réfléchit à un cursus supérieur. « Nous sommes un petit labo de ce que pourrait être le conservatoire du futur », conclut Dominic Theodosis.