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Distillerie Garnier

Découvrez vite l'histoire de la Distillerie Garnier à Enghien-les-Bains de 1873 à 1975

Un siècle d’inventivité

Haut lieu de la création numérique, le Centre des arts a été bâti sur l’emplacement de l’ancienne distillerie Garnier, unique patrimoine industriel enghiennois. Ce fleuron de la production de spiritueux s’est illustré par un sens avant-gardiste du marketing et une histoire familiale forte.

 

Photo de la distillerie GarnierNous sommes en 1873. Paul Garnier est à la tête depuis 1859 d’une entreprise de liqueurs à Noyon (Oise), productrice de liqueurs, dont l’Abricotine, le curaçao et la liqueur de cerise. Lors de la guerre de 1870, la manufacture est détruite. Paul Garnier décide alors de s’installer à Enghien-les-Bains, un territoire aux vergers réputés et où excellent des producteurs de fruits : cerises, abricots… La distillerie s’installe rue du Nord, qui deviendra rue du Casino, aujourd’hui rue de la Libération. Peu avant de s’éteindre à l’âge de 54 ans, il signe un acte assurant la prospérité et la renommée de la distillerie : un contrat d’exclusivité avec la société Julius Wile Sons and Co à New-York pour l’exclusivité de la vente aux Etats-Unis des spiritueux Garnier.

 

Son fils André Garnier poursuit l’expansion de la société aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Amérique du Sud, en Russie mais décède lui aussi prématurément, laissant derrière lui une veuve et leurs quatre enfants. Sa femme, Caroline Garnier, prend alors les rennes de la maison. Cette figure marquante est l’âme de la société et travaillera toute sa vie pour la distillerie, jusqu’à un âge très avancé. Si la guerre de 1914-18 affecte lourdement l’entreprise avec la perte de son client principal en Russie et la prohibition américaine, la maison se redresse avec l’aide d’Armand Belhomme, gestionnaire habile.

L’histoire du flaconnage

Photo de la distillerie GarnierDe la troisième génération, Paul Garnier, fils d’André et ingénieur de l’Ecole nationale des industries agricoles, intègre à son tour la distillerie, écrivant une nouvelle page de son histoire.  Il poursuit la conquête du marché américain et fabrique sur place des liqueurs Garnier.
Tout développant la vente en France et dans le monde entier, la maison Garnier s’illustre par son audace en matière de marketing : les produits sont commercialisés dans des flacons originaux aux formes différentes chaque année.
383 flacons seront ainsi confectionnés, créés par les meilleures manufactures sous la supervision de Caroline Garnier. Témoins de l’Art Nouveau et de l’Art Déco, ces bouteilles étonnantes, tantôt humoristiques, tantôt satiriques, constituent un pan de l’histoire du flaconnage. Aujourd’hui encore ces « fancy bottles » font le bonheur de collectionneurs particulièrement aux Etats-Unis.
Des flacons insolites pour supports de communication mais aussi des affiches artistiques. Afin de promouvoir les liqueurs enghiennoises sur l’espace public, la maison Garnier fait appel aux meilleures signatures. Il reste encore aujourd’hui de très beaux exemplaires de ces créations, reflet de l’histoire du graphisme.

 

En 1974, la Société Bénédictine de Fécamp, dont Paul Garnier était administrateur, rachète la distillerie. Quelques mois plus tard, ce dernier décède. La direction est alors confiée à trois neveux de la société : Michel Garnier, Bernard Van Vlamertynghe et Jean Belhomme. Ils resteront fidèles à l’histoire familiale de la distillerie jusqu’à sa vente finale en 1975.

 

Il n’existait jusqu’à présent aucun livre retraçant son incroyable épopée commerciale et artistique. Cette lacune est désormais comblée. Jacques Geninet, Président honoraire de la SHAPVOV, et son épouse Josée Geninet, aussi rigoureux que passionnés d’histoire, viennent d’éditer La distillerie Garnier d’Enghien-les-Bains 1873-1975. Cet ouvrage largement illustré a nécessité près de trois années de travail pour rechercher les meilleures sources. « Les seuls documents existants étaient en anglais, puisqu’il s’agissait des catalogues américains répertoriant les flacons », explique Jacques Géninet, ancien ingénieur en télécommunications.
S’il restitue l’aventure industrielle Garnier et offre un panorama des fameux flacons, ce livre rend avant tout un hommage appuyé à l’inventivité de la famille Garnier, dont certains des membres sont toujours des Enghiennois ou Valdoisiens.

 

La distillerie Garnier d’Enghien-les-Bains 1873-1975 est disponible à l'Office de Tourisme au prix de 12€.

 

  • Photos d'une collection personnelle
Photos de la distillerie Garnier